|
|
|
| |
PYRÉNÉES ARIÈGE CATHARISME |
|
 |

Les Pyrénées : Chaîne de montagnes
et de pays …
La légende de Pyrène
Au commencement était Pyrène, fille de Bébrix, roi de Cerdagne. Partant sur les traces d'Hercule qui l'avait séduite, elle est dévorée par des bêtes sauvages. A son retour, fou de douleur, Hercule lui édifie un tombeau à la hauteur de leur amour.
Une chaîne de montagnes à part
Contemporaine des Alpes dans leur genèse, les Pyrénées ont une identité propre marquée par la disposition axiale des grands sommets et par ses vallées en dents de peigne, parallèles entre elles, mais qui viennent buter contre cette barrière infranchissable entre la France et l’Espagne.
Le vieil adage de Blaise Pascal : « Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà » qui en faisait une frontière hermétique fut de tout temps démenti par la continuité des échanges entre les bergers et les communautés pastorales des deux versants.
Cette chaîne montagneuse s’étend sur 430 km du golfe de Gascogne au Golfe du Lion et se décline en Pyrénées Atlantiques, Pyrénées Centrales et Pyrénées Orientales offrant une riche diversité de paysages, de peuples et de cultures. Sur le versant nord, le pays Basque nord, le Béarn, la Bigorre, le Comminges et les 4 vallées, l’Ariège, le pays Cathare, la Catalogne nord et le Roussillon font vibrer leur âme pyrénéenne ; le versant sud n’est pas en reste avec le pays Basque sud, la Navarre, l’Aragon, le Val d’Aran et la Catalogne sud.
En 1659, le traité des Pyrénées (signé à l'île aux Faisans sur la Bidasoa) met fin à la guerre avec les Espagnols et rattache le Roussillon et la Cerdagne à la France; depuis lors les frontières avec l’Espagne sont restées inchangées.
L’isolement de ces vallées communautés pyrénéennes a permis de préserver leurs us et coutumes, leur culture et leur folklore.
L’essor du thermalisme et du pyrénéisme dans le dernier quart du 19 ème siècle ont redonné leurs lettres de noblesse à ces vallées longtemps délaissées et nourri une abondante littérature de découvertes et de voyages.
|
Le catharisme où l’hérésie des terres d’Occitanie
Le catharisme (mot formé à partir du grec catharos = pur) est le nom donné par les historiens à une religion chrétienne différente du catholicisme qui s’est répandue en Europe au XII ème siècle et s’est développé dans le sud de la France. Cette nouvelle croyance basée sur le christianisme mais très critique vis-à-vis du catholicisme s’est rapidement propagée dans toute l’Occitanie. Le pape Innocent III pour contrer ce mouvement décida de lancer la croisade contre les Albigeois. Cette croisade se doubla rapidement d’une guerre entre les seigneurs du Nord et les seigneurs occitans. Les tribunaux de l’Inquisition achevèrent le travail des nombreux sièges et bûchers contre les cathares. Bien que le catharisme fût éradiqué, il est un des symboles de la tolérance, de la liberté et de l’ouverture d’esprit de la culture occitane.
|
La doctrine cathare
Le catharisme surgit dans la Chrétienté occidentale au milieu du XII ème siècle. Cette dissidence chrétienne médiévale réclame, comme d’autres mouvements de son temps, le retour au modèle d’Eglise primitive des premiers temps du Christianisme. Elle condamne l’Eglise romaine et sa hiérarchie au prétexte de ce qu’elles ne respecteraient pas l’idéal de vie et de pauvreté du Christ. Tout en étant chrétiens, les cathares interprétaient différemment les Ecritures et refusaient la doctrine des sept sacrements. Leur croyance était basée sur l’existence de deux mondes, l’un bon et l’autre mauvais. Le premier, le monde invisible dont les créatures sont éternelles, résulte de la création de Dieu le Père ; le second, le monde visible et corruptible, est l’œuvre du Diable. Pour les cathares, le christ est uniquement l’envoyé du Père venu porter le message du salut aux hommes. Il n’est pas comme chez les catholiques le rédempteur de tous les péchés. Du coup, les cathares ne conservent qu’un seul sacrement, celui du consolamentum (consolation) ou baptême d’imposition des mains pratiqué par le Christ, le seul à apporter le Salut. la Croisade contre les Albigeois
Le roi de France en 1209 ne veut pas se lancer dans l’aventure mais 300 000 barons et chevaliers du Nord, accompagnés de valets et d’hommes de main sont réunis à Lyon attiré par les richesses du Midi. Suite au siège de Carcassonne, Simon de Montfort est nommé chef de la croisade. Ce conflit dura vingt ans et modifia l’échiquier politique du midi de la France (avec le rattachement des sénéchaussées de Carcassonne et Beaucaire au domaine du Roi de France et la soumission au roi du comte Raymond VII de Toulouse).
En 1233, l’Eglise met en place une nouvelle institution judiciaire confiée aux Dominicains : l’Inquisition. Les enquêtes menées tout au long du XIII ème siècle et au début du XIV ème siècle par les inquisiteurs réduisent sérieusement le nombre de cathares dans le Midi. Véritable épilogue de la Croisade contre les Albigeois, la campagne militaire contre Montségur, siège de l’évêché cathare du toulousain marque un tournant dans la répression contre le catharisme. La reddition de la forteresse le 15 Mars 1244 se solde par la disparition du principal refuge de la hiérarchie cathare. L’arrestation des parfaits Pierre et Jacques Authié en 1308 marque la fin de l’hérésie en Languedoc..

Chronologie sommaire
1167 Concile cathare à St Félix du Lauragais
1179 Le concile du Latran III frappe d’hérésie les cathares
1208 15 janvier le prélat Pierre de Castelnau, envoyé du Pape est,
assassiné. Appel du pape Innocent III à la croisade
1209 Massacre de Béziers et prise de Carcassonne
1210 Siège de Cabaret (Lastours), Minerve et Termes
1213 Bataille de Muret. Mort de Pierre II, le roi d'Aragon
1218 Mort de Simon de Montfort au siège de Toulouse
1229 Traité de Meaux-Paris : Soumission de Raimond VII de Toulouse
1242 Meurtre des inquisiteurs à Avignonet.
1244 Chute de Montségur et bûcher le 16 mars
1255 Prise de Quéribus dernière forteresse cathare
1321 Mort sur le bûcher de Guilhem Bélibaste, dernier parfait cathare
Les vestiges cathares
Aujourd’hui, il ne reste que très peu de vestiges de cette histoire. Les châteaux, abbayes et musées du Pays Cathare sont devenus les symboles de ce combat ; les châteaux ayant servis de refuges aux cathares et subis de nombreux sièges, les abbayes ayant pour fonction de renforcer la position catholique et de soutenir la croisade. L’aspect de ses monuments a beaucoup évolué mais leur histoire reste à jamais attachée à la tragédie de l’époque médiévale. |
L’Ariège : terre d’histoire et de contrastes
Origine et caractéristiques
Ce département tire son nom de la rivière qui l’arrose du nord au sud .
Il a été formé en 1790 de l’ancien Comté de Foix (406 455 hectares) de presque tout le Couserans (162 509 hectares) qui dépendait alors de la Gascogne et d’un certain nombre de communes de la province du Languedoc qui composaient la seigneurie du Donezan .
Il est situé dans la région du sud-ouest de la France sur la frontière des vallées d’Andorre ou de Catalogne entre 42°34’33’’ et 43°19’ de latitude et 0°940’ et 1°31’de longitude occidentale .Il est limité au sud par la Catalogne espagnole, l’Andorre et les Pyrénées Orientales. Son chef-lieu Foix est à 772 km de Paris
Les idiomes parlés sont le gascon dans la vallée du Salat (ancien Couserans) et le languedocien dans le reste du département
Dans le domaine de l’esprit l’Ariège vit briller les lumières de la tolérance avec Pierre Bayle au XVII ème siècle, du combat en faveur de l’éducation pour tous avec le conventionnel Lakanal ; l’invention de la «Houille blanche» due au couserannais Aristide Bergès …
|
Quelques éléments de chronologie ariégeoise
(des origines au XX ème siècle)
Période préhistorique
13000-8000 av.J.C.: Grotte de Niaux (peintures magdaléniennes) et du Mas d'Azil (galets peints)
Période gallo-romaine
II ème siècle après J.C. : Conquêtes romaines. La cité appelée Consoranis (future St. Lizier) capitale des Consorani (origine du mot Couserans) tribu vassale des Voiques est conquise par les Romains en 121 après J.C.
Moyen Age
• V ème siècle: Création du Couserans - Légende de St Valier - Invasion des Wisigoths
• VII ème et VIII ème siècle: Invasions arabes - Légende des sabots de Bethrnale
• X èrne siècle: Implantation d'abbayes à Foix (849), Lézat (940) et au Mas d'Azil
• XI ème siècle: en 1002 Bernard, fils de Roger 1er Comte de Carcassonne, devient le 1er Comte de Foix
|
XII ème et XIII ème siècle: Epopée Cathare
1209: Début de la Croisade contre les Albigeois
1213: Bataille de Muret: défaite de la coalition occitano-aragonaise (Comte de Toulouse allié au Comte d'Aragon) face à l'armée croisée de Simon de Monfort.
1229: Traité de Meaux : le Comte de Foix devient vassal du roi de France
1242-1243: Siège de Montségur et mort au bûcher de 210 cathares
Fin XIII èrne siècle: Création des bastides
XIV ème-XV ème siècle: Rayonnement de la civilisation et de la langue occitane
1331-1391: Gaston III dit Fébus devient Comte de Foix avec pour devise:
« Touches-y si tu l'ose s», auteur du fameux « Livre de la chasse », illustré de
superbes miniatures.
XVI ème siècle: La Réforme dans le Pays de Foix:
1555-1560: Premières prédications- Affrontements catholiques contre protestants .
1560: procès de Martin Guerre à Artigat (relaté par le magistrat protestant Jean de
Coras)
1589: Henri III de Navarre, Comte de Foix devient roi de France sous le nom d' Henri IV
Epoque Moderne (XVII-XVIII ème siècle)
1607: Rattachement du Comté de Foix à la couronne de France
1625: Reprise des Guerres de Religion - Siège mémorable du Mas d'Azil
1629-1634: Démolition des places fortes protestantes
1647: Naissance à Carlat du philosophe Pierre Bayle (1647-1706) exilé à Rotterdam
(Pays-Bas) auteur du « Dictionnaire historique et critique » (1696), apôtre de la liberté de conscience et de la tolérance religieuse, précurseur des Lumières.
1685: Révocation de l'Edit de Nantes, destruction des temples dans le Comté de Foix, 1ères assemblées clandestines protestantes dites du « Désert».
1750: Premiers montreurs d'ours dans la vallée du Garbet
1789: Révolution dans le Comté de Foix avec 2 figures de proue Vadier le conventionnel, appaméen, membre du Comité de Salut Public et Lakanal (Serres sur Arget), défenseur de l'Instruction Publique.
1790: Création du département de l'Ariège.
Epoque contemporaine
1er Empire: « Sire, l'Ariège produit des hommes et du fer » réponse d'un officier ariégeois à Napoléon 1er.
1823: Débuts du thermalisme en Ariège
1828-1829: « Guerre des Demoiselles » mouvement de révolte paysanne contre le Code Forestier.
1846: L'Ariège connaît son maximum démographique avec 271 000 habitants
1860: Déclin des forges à la catalane supplantées par le charbon
Aristide Berges (Lorp près de St Girons) met au point le procédé de la « Houille blanche»
1860-1880: Exode rural et migrations des Ariégeois en Afrique, en Amérique du nord et du sud et vers les métropoles méridionales (Toulouse, Bordeaux, Marseille)
1898-1905: Théophile Delcassé (Pamiers) ministre des Affaires Etrangères
1903-1908: Développement de l'hydroélectricité en Haute Ariège
1906: Résistance aux Inventaires /défense originale de l'église de Cominac (Ercé) par les montreurs d’ours.
1914-1918: L'Ariège subit une terrible saignée démographique qui hypothèque sérieusement son avenir.
Une terre de contrastes
Des prairies verdoyantes et des forêts humides du Couserans aux terres desséchées du pays d’Olmes ou de la plaine; du Montvallier aux crêtes du Plantaurel, l’Ariège présente une large gamme de paysages variés et changeants.
L’Ariège, qui produisait jadis « du fer et des hommes » selon la formule célèbre d’un soldat de Napoléon 1er, offre aujourd’hui loin des sentiers battus ses paysages, son terroir, son patrimoine exceptionnel et l’authenicité de ses origines.
Francis SANS |
|
|
 |
|
|
|